
Ce qui est arrivé à Kolwezi peut se représenter partout où règnent corruption, misère, famine. Ce sont les foyers de culture idéaux d’incitation à la révolte et au terrorisme.
Ce n’est que sur demande des autorités nationales, qu’un État souverain autorisera l’intervention militaire de troupes étrangères. Le président Mobutu l’a initialement sollicitée de la Belgique, puis de la France. Rabat, Washington et Pékin en ont été informées. Le président français V. Giscard d’Estaing, qui conduisait le politique africaine, n’a pas hésité à envoyer la Légion Étrangère.
Pour diverses raisons, le gouvernement a longtemps hésité à envoyer des troupes belges à l’étranger. Beaucoup de facteurs ont influé sur la décision :
- Toute information en provenance de l’étranger concernant des belges est examinée et contrôlée en faisant appel à des précisions demandées aux ambassades ;
- La politique étrangère joue un grand rôle, mais il y a lieu de tenir compte d’opinions opposées qui sont influencées par la politique intérieure. La population n’accepte pas que des soldats belges tombent à l’étranger pour des motifs mal fondés ;
- L’importance des forces envoyées et la durée de l’opération sont fonction du budget que le gouvernement veut bien y consacrer ;
- Finalement, une étude des États-majors est demandée. Les renseignements sur l’ennemi et le support éventuel de troupes amies détermineront le type de troupes et la force qui sera engagée.
Une coopération franco-belge au Zaïre se révélait impossible en raison d’une divergence radicale sur le motif de l’intervention. La mission du Régiment, totalement indépendante des Forces Armées Zaïroises, étant de sauver des civils, l’opération devait rester humanitaire. Les intentions françaises étaient de nature politique : reprendre le rôle de la Belgique au Zaïre, ou au moins le réduire et ainsi consolider l’influence française en Afrique.
Le succès d’une opération dépend de plusieurs facteurs. Les renseignements sur l’ennemi doivent être récents et complets. L’unité engagée doit disposer du matériel indispensable et posséder un "spirit" offensif. Elle doit être soutenue à fond. Cette opération à Kolwezi eut été impossible sans l’enthousiasme et l’esprit d’initiative des militaires concernés, du caporal magasinier d’un dépôt de munitions à l’officier supérieur de l’État-major Général.
l'Avenir
Aujourd’hui et demain les Para-Commandos sont toujours prêts, comme par le passé, à partir là où le gouvernement les envoie. Depuis 1978, les opérations suivantes ont eu lieu :
1979 : opération Green Apple à Kitona au Bas-Zaïre ;
1990 : opération Green Beam au Rwanda ;
1991 : opération Blue Beam au Zaïre ;
1992 : opération Restore Hope en Somalie ;
1993 : opération Sunny Winter au Zaïre ;
1993-1994 :opération l’ONU au Rwanda, où 10 Commandos ont été assassinés ;
1994 : opération Silver Back et Blue Safari au Rwanda ;
1997 : opération Green Steam au Zaïre ;
1999-2000-2002-2003-2004 : opérations en Albanie et au Kosovo ;
2004 : opération au Congo à Kisangani ;
2004-2005 : opérations en Afghanistan.
Bien d’autres opérations suivront…
TROIS OFFICIERS, TROIS SOUS-OFFICIERS, VINGT CAPORAUX ET SOLDATS, ONT PERDU LA VIE AU COURS DE CES OPÉRATIONS HUMANITAIRES |
Remerciements au Colonel Aviateur B.E.M. e.r. Gilbert Desmet, et à l'Adjudant-chef e.r. Jean-Pierre, "Jempy", Bonjean pour la parfaite traduction.
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