
Cette nouvelle mission, inattendue et délicate, exigera énormément de patience. Il s’agit de convaincre la population belge, à l’occasion de multiples réunions et conversations, que la présence d’unités para-commandos dans les localités et les nombreuses patrouilles contribueront à rétablir la sécurité et la paix. Le contact avec les Français reste difficile. La date de rentrée en Belgique reste vague.
Vendredi, 26 mai 1978
Première prise de contact à Lubumbashi avec le consul général Van Mossevelde, le général-major (Z) Singa, le colonel (Z) Sasa, MM. R. Lauwers, Piquet, et Umba (Z) de la Gécamines, pour tenter de préciser la situation.
Samedi, 27 mai 1978
À Lubumbashi, évaluation de la situation avec l’ambassadeur Rittweger de Moor, le consul général Van Mossevelde, les colonels A. Blume et H. Depoorter, les chefs militaires locaux, dont le général-major (Z) Singa, le consul général (US) Leach, monseigneur Kabanga, M. R. Lauwers et des représentants des régions minières de Lubumbashi, Kipushi, Kambove, Fungurume et Kakanda.
L’atmosphère est pessimiste, la population pense que : "Si les paras partent, s’ensuivra un exode général des expatriés puis un pillage intégral. Les rebelles constituent un premier danger, la population affamée le second, les F.A.Z. le troisième". Conclusion : le Quartier général tactique du Régiment, le Poste de commandement du 1 Para, la 21e Compagnie, la compagnie Antichars et le peloton Mortiers restent à Kamina, prêt à être parachutés de six C-130 qui restent également, de même qu’un Détachement médical et un Détachement judiciaire. La 13e Compagnie sera envoyée à Fungurume, Likasi et Kambove, la 11e Compagnie à Lubumbashi et Kipushi. Au total, 650 hommes. En supplément de la mission principale, assurer la répartition des vivres offerts par la Belgique et la Communauté Européenne à la population locale.
Dimanche, 28 mai 1978
À 13 h, réunion à Lubumbashi avec l’ambassadeur E. Rittweger de Moor et le consul général Van Mossevelde. À 16 h, conciliabule de l’État-major et de M. Bartiau, représentant les habitants à Likasi, à propos de l’évacuation des femmes et des enfants de la commune, les époux partant en congé normal. Il demande à être prévenu à temps du départ des troupes vers la Belgique. Au début de la soirée, réunion de l’État-major où est invité le colonel (F) Y. Gras pour essayer de découvrir la mission des Français et tenter une coordination. Aucun succès. L’État-major Général avise le Régiment de ce que le président Mobutu a marqué son accord pour que les femmes et les enfants de Kipushi, Likasi et Kambove puissent partir.
Mardi, 30 mai 1978
À Lubumbashi et Kipushi, ordre est donné de n’effectuer que des patrouilles de para-commandos, à l’exclusion de patrouilles mixtes belgo-zaïroises.
Les colonels A. Blume et H. Depoorter sont convoqués en Belgique.
Jeudi, 1er juin 1978
À 10 h 30, les deux colonels font rapport à M. P. Vanden Boeynants, ministre de la Défense nationale, en présence du lieutenant-général Blondiau, chef de la Maison militaire du Roi, du lieutenant-général Desmet, chef d’État-major de la Force aérienne et du général-major Wils, chef d’État-major adjoint de l’État-major Général.
Au début de l’après-midi, briefing du général-major Gysemberg, chef d’État-major adjoint de la Force terrestre. À l’hôpital militaire, vers 16 h, le colonel H. Depoorter rend une visite personnelle au lieutenant-général P. Roman, chef d’État-major de la Force terrestre, ancien commandant des Para-commandos, qui décédera peu avant le retour du Régiment en Belgique.
Vendredi, 2 juin 1978
De 8 h 30 à 9 h 45, rapport personnel à M. P. Vanden Boeynants. Ensuite jusque midi nouveau briefing à l’État-major Général pour le lieutenant-général aviateur Crekillie et l’état-major au complet. Après le briefing il est communiqué que : "La pension, l’assurance, les avances et le congé sont garantis".
De 13 h à 15 h 30, le colonel A. Blume et le colonel H. Depoorter sont reçus en audience privée par le Roi. L’entretien se prolongera plus tard en présence du lieutenant-général aviateur Crekillie, chef de l’État-major Général, du lieutenant-général Blondiau, chef de la Maison militaire du Roi, et du Maréchal de la cour Liebaers.
En fin d’après-midi, briefing au cabinet de crise en présence du Premier ministre, L. Tindemans, des ministres P. Vanden Boeynants, J. Chabert, L. Hurez, Van de Kerkhove, du lieutenant-général aviateur Crekillie, chef d’État-major Général, et du colonel BEM Outers, chef de cabinet. S’y prennent les décisions suivantes :
- Approbation du dispositif actuel ;
- La durée du séjour au Shaba pourrait, suite au sommet Franco-africain, se prolonger, au moins, jusqu’au 10 juin ;
- L’envoi éventuel d’un bataillon à Kolwezi sera décidé le 7 juin ;
- Des produits alimentaires peuvent être distribués à la population zaïroise ;
- Une indemnité journalière de 1.000 francs (25 €) est accordée aux participants.
Samedi, 3 juin 1978
Communication du colonel BEM Dupont, adjoint opérationnel à l’État-major Général : "Se préparer à une relève les 8 et 9 juin".
Lundi, 5 juin 1978
À 1 h, les colonels A. Blume et H. Depoorter quittent la Belgique via Lagos.
Le 1 Para effectue, à Lubumbashi, une patrouille dans un pick-up Peugeot 404 de la Gécamines, sans radio à bord. En passant devant un bivouac de la Légion, le chauffeur remarque dans les hauts matitis (hautes herbes) que deux enfants zaïrois laissent tomber quelque chose. Une explosion et deux morts ! Aussi bien les F.A.Z. que la Légion soupçonnent les Paras. Une enquête de l’auditeur militaire J. Denaegel, du lieutenant A. Leroy et du colonel (Z) Sasa montrera que la cuillère de la grenade n’était pas d’origine belge. Ceci est communiqué l’avant-midi au consul-général Van Mossevelde.
Mardi, 6 juin 1978
À 7 h 30, exercice de parachutage à Kamina.
Relève de la 13e Compagnie par la compagnie Antichars et de la 11e Compagnie par la 21e Compagnie.
À 16 h, visite de l’unité de Kipushi. Le moral des hommes est excellent, ils sont choyés par les expatriés.
À 19 h, réunion à Lubumbashi chez MM. Piquet, R. Lauwers et Sorel (Gécamines). Sont présents : les colonels A. Blume et H. Depoorter, le colonel (F) Y. Gras, le lieutenant-colonel (F) Ph. Erulin et M. Tihange, journaliste. On y discute de la situation générale dans la région. On est pessimiste. Les civils insistent pour que le Régiment le signale à Bruxelles.
Jeudi, 8 juin 1978
En hélicoptère Alouette, amené par C-130, visite des Unités et prise de contact avec les expatriés à Luena, Lubudi (MM. Ghijs et Bourgeaux), Fungurume, Kambove-Mabaya (Mme C. Blondiau), Kakanda et Likasi (M. Chevalier) : le découragement y règne !
Qu’il est agréable ce vol en hélicoptère au-dessus de la savane et les galeries forestières, où dans le passé on avançait toujours à pied, une machette à la main.
Vendredi, 9juin 1978
Premier contact avec le colonel-major marocain A. Loubaris à propos de la relève par la "Force Interafricaine", composée d’unités de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Togo, du Gabon et du Maroc. Il est communiqué ce qui suit :
- Pas de relève des troupes belges avant l’arrivée de tout le matériel dont doit disposer le contingent marocain, donc éventuellement le 11 et 12 juin ;
- Une présence permanente marocaine sera assurée dans les grands centres ;
- Il n’y aura pas de patrouilles mixtes zaïro-marocaines ;
- L’envoi de troupes du Sénégal et de la Côte d’Ivoire n’est pas encore acquis. Le Ghana ne fournira pas d’appui ;
-
La réunion suivante est prévue le 12 juin.
Samedi, 10 juin 1978
À 11 h, après une nouvelle communication du colonel-major (M) A. Loubaris, briefing du lieutenant-colonel R. Verbeke, commandant du 1 Para.
La relève par les troupes marocaines est prévue le 22 juin. En attendant, le 1 Para maintiendra une compagnie à Likasi et une autre à Kambove.
Le Poste de commandement et la troisième compagnie restent à Lubumbashi.
L’État-major tactique du Régiment, une compagnie en réserve et le peloton de Ravitaillement par air, demeurent à la Base de Kamina.
Dimanche, 11 juin 1978
Dans la matinée, visite du couvent et de l’hôpital de la Base de Kamina. L’après-midi, sur initiative du colonel A. Blume, premier essai d’un C-130 aménagé en "gunship". Une mitrailleuse 7.62 mm est installée sur trépied dans la porte ouverte, un para un doigt sur la détente, prêt à donner un appui feu aérien aux troupes au sol.
Lundi, 12 juin 1978
À 19 h 30, réunion à Lubumbashi chez le consul général Van Mossevelde pour un briefing politique présenté par le colonel L. Planard, arrivé de Belgique à cet effet. Il explique la mentalité de la population après l’arrivée des réfugiés, l’attitude d’une certaine presse, etc. Le briefing sera suivi plus tard par un dîner et complété par des entretiens chez le consul général (US) Parker, avec le consul général Van Mossevelde, M. Griffith (US), M. de Bassompierre, MM. R. Lauwers, Sorel, et Piquet (Gécamines), les colonels A. Blume et H. Depoorter, le colonel-major (M) A. Loubaris, trois officiers marocains et deux officiers américains. Décisions prises :
- Provisoirement, pas de remplacement du 2 R.E.P. par les troupes marocaines ;
- L’implantation des troupes doit se faire selon les vœux du président Mobutu, dixit le général-major (Z) Singa ;
- Il ne faut plus s’attendre à l’arrivée de troupes venant du Togo, du Sénégal, du Gabon et de la Côte d’Ivoire. Ces pays ne disposant pas du matériel nécessaire
Mardi, 13 juin 1978
Réunion au Quartier Général marocain. Afin de préparer la relève des troupes marocaines et belges, il n’est pas autorisé, pour des raisons politiques, de fusionner les deux États-majors. Le Quartier général marocain prendra contact, si nécessaire. Il est exclu d’effectuer des patrouilles mixtes en rapport avec la relève. De toute façon, aucune décision formelle n’a été prise concernant la date d’arrivée des troupes marocaines.
Mercredi, 14 juin 1978
Deux adjudants zaïrois sont assassinés dans un bar vers 23 h 30. À 2 h du matin, le lieutenant-colonel R. Verbeke est prié par la police zaïroise de se rendre sur place. L’auditeur militaire J. Denaegel l’accompagne. Après interrogatoire des témoins, il apparaît que le meurtre a été commis avec un poignard, par des militaires porteurs d’un béret vert incliné vers la gauche et avec insigne au dessus de l’œil droit. Donc, non pas par des parachutistes belges comme initialement prétendu, puisqu’ils portent des bérets rouges, inclinés vers la droite. Deux légionnaires seront arrêtés par la suite et incarcérés à Lubumbashi. Les Français obtiendront leur relaxation le 17 juin, pour le retour du 2 R.E.P. en Corse.
Jeudi, 15 juin 1978
Réunion à Lubumbashi à propos de la relève des Para-commandos. Y assistent : les généraux (Z) Dikuta et Singa, le colonel (US) Seebode, le colonel-major (M) A. Loubaris, le colonel (F) Y. Gras, le colonel sénégalais Niam, les colonels L. Planard, A. Blume et H. Depoorter, le lieutenant-colonel R. Verbeke, MM. Griffith (US), de Bassompierre, R. Lauwers et Vanden Ostijne (journaliste). Énormément de difficultés quant à la relève en ce qui concerne le timing et le dispositif, pour lesquels aucune solution n’est trouvée.
Vendredi, 16 juin 1978
À Kinshasa de 9 h à 10 h 30, réunion à l’ambassade de Belgique à propos de la durée du séjour des Para-commandos au Shaba, avec le colonel L. Planard, le lieutenant-colonel R. Pire et le major C. Van Melle de la Coopération Technique Militaire (C.T.M.) au Zaïre.
À 11 h 30, contact avec le Chef de mission de la C.T.M. et à 15 h, réunion au Quartier général des F.A.Z. chez les généraux (Z) Babia et Singa, conversation courtoise et superficielle.
Jeudi, 22 juin 1978
À 16 h 30, exercice d’atterrissage d’assaut à Lubudi, Likasi et Luena.
Vendredi, 23 juin 1978
À 12 h 30, le message suivant est envoyé au Président, via l’ambassade : "Le fait d’avoir pu collaborer avec les F.A.Z., sous le commandement du général Singa pendant les pénibles événements à Kolwezi, fut une expérience très enrichissante pour le Régiment Para-Commando. La collaboration très franche et fructueuse qui a existé avec le général Singa à Lubumbashi a porté ses fruits. C’est avec confiance dans l’avenir du Zaïre que le colonel BEM H. Depoorter quitte le 26 juin, ce magnifique pays".
Samedi, 24 juin 1978
À 6 h 30, arrivée du 3 Para qui relève le 1 Para. Sa force est limitée à 120 hommes, soit un État-major de bataillon réduit, un Poste de commandement de compagnie et trois Pelotons complets qui doivent pouvoir opérer en Détachements indépendants. Le grand problème à Tielen, la garnison du bataillon, était de voir qui pourrait partir, puisqu’il ne pouvait y avoir que 120 "heureux" ! Les pelotons retenus furent déployés à Lubumbashi, (et non à Likasi comme précédemment) et à Kamina où se trouvait l’appui logistique sous les ordres du major Peeters et le 15e Wing.
La première réunion avec le colonel-major (M) A. Loubaris, le major G. Couwenberg et un prêtre espagnol à lieu à 15 h. En fin d’après-midi, réunion chez le général (Z) Singa. Il demande de ne pas distribuer de la nourriture à Lubumbashi, mais bien à Mutshatsha, Dilolo, Kasaji et Kisenji. Au début de la soirée, prise de contact avec le consul général (US) Parker. À 21 h, réunion de travail avec la direction de la Gécamines, MM. Piquet, Sorel, R. Lauwers, le major G. Couwenberg et le commandant B. Brijs, officier d’opération.
Dimanche, 25 juin 1978
À 12 h 30, cérémonie de départ des Para-commandos à Lubumbashi. La "Force Inter-Africaine" reprend les missions des troupes belges. Assistent à cette prise d’armes sur l’aérodrome de Lubumbashi : le général (Z) Singa et le colonel-major (M) A. Loubaris, commandant respectivement les troupes zaïroises et marocaines, les autorités locales et nombre d’expatriés et autochtones.
Les Para-commandos sont alignés et les C-130 prêts au départ. Après la revue des troupes, le consul général Van Mossevelde prend la parole. "Officiers, sous-officiers et soldats qui avez pris part à cette opération, vous vous êtes vu confier une difficile et délicate mission humanitaire : assister des compatriotes en difficulté, rechercher des ressortissants belges et d’autres nations. Officiers, sous-officiers et soldats qui avez pris part à cette opération, vous vous êtes acquittés de cette tâche avec rapidité et efficacité. Si la population étrangère a tenu à être présente en grand nombre juste avant votre envol vers la Belgique, c’est pour vous faire savoir combien elle est fière que des jeunes de chez nous aient réussi cette opération difficile. Cette fierté s’accompagne d’un sentiment de reconnaissance pour le courage et le dévouement dont vous avez fait preuve durant l’exécution de votre opération humanitaire, ainsi que pour le sentiment de sécurité que votre opération nous a donné. Nous voulons témoigner publiquement cette reconnaissance. Les expatriés de Lubumbashi tiennent à remettre à tous ceux qui ont participé à l’opération un cadeau souvenir. C’est une carte du Zaïre, coulée en cuivre, avec un petit morceau de malachite indiquant la position de Kamina, Kolwezi, Likasi et Lubumbashi et mentionnant la date du 20 mai 1978".
Le 3 Para restera jusqu’au 9 juillet et continuera à effectuer ses patrouilles sans incident. Quelques jours avant le départ, le major G. Couwenberg décide d’utiliser les derniers 120 parachutes pour organiser des sauts sur la DZ à Fukoi, à proximité de la Base de Kamina. À l’issue du dernier saut, il est approché par un très vieux capita, chef du village voisin, qui lui dit : "Nous espérons tous que vous allez à nouveau rester ici, "l’indépendance" a, pour nous, assez duré".
Environ 200 tonnes de vivres furent distribuées, de même que des médicaments, dons de la Belgique et des États-Unis. Tous les hôpitaux de la région, sans distinction, reçurent des approvisionnements médicaux.
Une apostille ; Les F.A.Z. exigent d’assurer elle-même la distribution des vivres. Le major G. Couwenberg obtiendra que son bataillon en remette directement la moitié à la population locale, afin que tout ne soit pas détourné.
Lundi, 10 juillet 1978
À 10 h, arrivée à Melsbroek. Allocution du commandant du Régiment dans un hangar du 15e Wing, en présence du lieutenant-général Matton, commandant des Forces de l’intérieur, du général-major E. Vilain, adjoint opérationnel des Forces de l’Intérieur, du colonel aviateur A. Blume, de la télévision et de la presse.
Vendredi, 21 juillet 1978
Fête nationale. Le ministre de la Défense nationale, P. Vanden Boeynants inspecte les Para-commandos au Cinquantenaire. S.M. le Roi Baudouin passe les troupes en revue dans la rue Royale. Le Régiment a l’exceptionnel honneur de marcher en tête du défilé. Les hommes reçoivent des acclamations abondantes en passant dans la rue de la Loi. Des C-130 survolent le palais au moment où les Para-commandos passent devant la tribune royale.
Dix C-130, sur les douze que possède la Force aérienne, furent engagés en permanence dans l’opération, de même que ses deux Boeing-727. En tout, le 15e Wing a effectué 1.936 heures de vol en 485 missions C-130 et 20 missions B-727. Méritent également les félicitations, les mécaniciens qui, entre autres, procédèrent, sur la base de Kamina, au remplacement complet de quatre moteurs de C-130. La Sabena mit dix Boeing à disposition. L’aviation américaine nous a appuyé avec huit missions de C-141. Cent-vingt tonnes de matériel furent transportées.
Lors de la réception à l’occasion de la mise à la retraite du colonel aviateur A. Blume, le commandant du Régiment lui a remis un poignard commando avec ces mots : "Alain, vous êtes comme ce poignard : droit, honnête et efficace".
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